10.31.09

Le Congo et ses bidons (jaunes) de la survie

Publié dans Couleurs urbaines tagged à 14:07 par nmheclosions

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Il n’est pas rare de voir les habitants des villes congolaises (République du Congo) se promener avec des bidons jaunes, questions de stocker un peu d’eau chez soi. Lorsqu’on ne peut pas aller puiser de l’eau soi-même, on sollicite les services de quelques jeunes qui ont trouvé ici une activité pour survivre et du coup de permettre également à une population en mal d’eau, de survivre.
La RC est pourtant un pays où l’eau sort de partout grâce à ses nombreux cours d’eau, au point de faire pâlir les populations vivant dans des zones arides. Cependant, il est devenu normal de voir les gens se promener partout avec ces bidons jaunes. Ils sont portées par des charettes ou de jeunes personnes en quête d’un peu d’argent. C’est le cas de ces deux jreunes garçons que j’ai rencontrés ces derniers jours dans un quartier de Pointe-Noire. Jos et Brice ont entre 12 et 15 ans, quand je leur demande pourquoi ils font ce travail alors qu’ils devaient être à l’école, Brice me répond : “Je vais à l’école, je suis en troicième et j’ai cours cet après-midi seulement. Je peux travailler le matin et aller à l’école après”. Ce serait juste pour se faire un peu d’argent de poche, qu’il propose ses services de puisseur d’eau.
Le problème avec cette eau qu’on est obligé de stocker dans les maisons c’est qu’on ne sait souvent pas d’où elle vient. “Ce sont des pousseurs de charettes qui passent chercher nos bidons assez régulièrement et on leur paye quelque chose lorsqu’ils reviennent avec l’eau. Tout dépend de la quantité, il arrive que je paye entre 1000 et 2000 FCFA. Mais je ne sais pas où ils vont prendre cette eau”, explique Roger qui habite aux Plateaux des 15 ans à Brazzaville
L’eau étant impropre à la consommation dans ce pays, il est préférable de ne pas la boire tant qu’elle n’est pas traitées. Mais comment une population en quête perpétuelle d’eau peut tenir dans la durée entre le besoin crucial en eau et les précautions (permanentes) à prendre pour ne pas la consommer avant de la traiter ?
Un petit sondage rapide pour voir si les personnes font attention et traitent leur eau avant de la consommer. Rose est une jeune mère de deux enfants, la trentaine révolue, elle va souvent chercher son eau toute seule chez des voisins qui ont une pompe dans leur cours. C’est un abonnement qui lui coûte 50 FCFA le bidon ou si elle prend un abonnement mensuel, cela lui coûterait 2000 FCFA le mois. Souvent, elle est obligée de se réveiller dans la nuit lorsque le robinet peut enfin leur envoyer quelques gouttes d’eau. Pour elle, il est inutile de traiter l’eau “cela falt des années que j’utilise la même eau. Elle est propre et n’a pas besoin d’être traitée. A une période, lorsque l’on nous a distribué de l’eau de javel à cause de l’épidémie de choléra, je faisais attention, mais depuis, j’ai arrêté. C’est beaucoup de temps à prendre pour ça et comme je ne peux pas me payer souvent de l’eau de javel, je dois bouillir l’eau. Mais bouillir l’eau tout le temps cela revient très cher. Dieu est avec nous, il nous protège”.
“Moi, je traite mon eau. Je mets un peu d’eau de javel dans les bidons parce que j’ai remarqué que lorsque je me lavais avec cette eau sans la traiter, j’avais des démangeaisons sur tout le corps”, confie Agnès, qui vit à Patra, un quartier périphérique de Pointe-Noire où l’eau ne sort jamais des robinets.
Avec le “Chemin d’avenir” le projet du Président du Congo, certainement que nous verrons bientôt du mieux.

09.29.09

Dadis Camara : l’aveu qui tue.

Publié dans Potins de nos Etats tagged , à 23:59 par nmheclosions

Dadis Camara

Voilà un militaire qui a pris le pouvoir en Guinée Conakry. Il a affirmé en arrivant au pouvoir qu’il souhaitait le changement pour ce pays. Il a promis que le moment venu il partirait et laisserait le pouvoir aux civils. Mais maintenant, il caresse l’idée d’y rester et de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Certainement que pour lui aussi le téléphone directe avec Dieu a fonctionné et il l’a investit Président de droit divin sans le consentement des guinéens.

Le plus gros dans cette affaire c’est que notre bonhomme aux treillis veut diriger un pays en avouant dans les médias qu’il ne peut pas contrôler  l’armée. Une armée dans laquelle même les subalternes n’obéissent pas aux supérieurs.

Mon Dieu, quelle horreur ! Un putschiste qui ne peut pas maîtriser les siens au point que ceux-ci ne savent même plus se contrôler lorsqu’ils se trouvent devant des manifestants sans armes. Ils tirent à balles réelles et tuent des centaines  de personnes. En plus de cela, ils se déshabillent en public  pour violer des femmes.

Mais alors, comment peut-on confier la destinée de tout un peuple entre les mains d’un personnage qui avoue à la face du monde qu’il est incapable de se faire obéir ? Allez-y savoir. Ainsi va notre Afrique avec ses éternelles aberrations.

Dadis Camarade, on a compris. Tu n’es pas l’homme du moment, retires-toi et laisse les guinéens se débrouiller tous seuls. Ils peuvent s’en sortir

09.26.09

Le Joola : 7 ans après l’accident, “j’ai soif de vérité”

Publié dans Mise à jour tagged à 23:59 par nmheclosions

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En séjour à Dakar depuis quelques semaines, j’en ai profité pour me rendre à la cérémonie commémorant le naufrage du Joola survenu le 26 septembre 2002 (près de 2000 morts et seulement 64 rescapés).

“La place du Souvenir” a vu la présence des familles des disparus, des officiels, des religieux, des journalistes et d’autres personnes venues témoigner leur soutien aux familles des victimes.

 Je vais me passer de tout le tralala qui accompagne ce genre de cérémonie et me contenter de vous partager ce que Boubacar Ndieng a bien voulu me raconter. Cela fait 7 ans qu’il a perdu son épouse dans cet accident. Il est jeune, il parle calmement, mais je peux percevoir à travers ses propos et sa voix, la douleur qui habite toujours son cœur et les nombreuses questions restées sans réponses, depuis.

 « Je n’arrive toujours pas à m’expliquer ce qui s’est passé. J’ai toujours soif de vérité. Je me dis juste qu’il y a eu des négligences et un manque de secours. J’ai pourtant lu des rapports relatant ce qui a pu se passer, mais je reste sur ma faim. J’ai soif de justice. Il ne suffit pas d’indemniser les gens pour leur dire après que c’est fini. Il y a certes l’indemnisation, mais il faut en plus la prise en charge des personnes. Or dans ce qui a été fait, cette prise en charge est nulle. Il y a des orphelins qui attendent toujours cette prise en charge. La justice de notre pays ne veut ouvrir aucun dossier, ni châtier les coupables. C’est ainsi que s’il le faut, nous allons recourir à une justice internationale. Si notre pays nous refuse la justice, on sera obligés d’accueillir ceux qui peuvent nous offrir une justice en dehors du Sénégal.

On nous a fait signer des papiers qui attestaient que si on acceptait l’indemnisation, il nous fallait renoncer aux poursuites contre l’Etat sénégalais. Lui à son tour se chargerait de poursuivre les coupables. Mais depuis, rien ne s’est fait ».

Vue de l'assemblée

Vue de l'assemblée

09.24.09

Roger de Diesbach : j’ai perdu un Ami

Publié dans En privé tagged à 07:00 par nmheclosions

Roger de Diesbach

Roger de Diesbach, grand journaliste, réputé pour sa plume sans concessions,  mais toujours ajustée à chaque situation nous a quitté. Je voudrais ici lui rendre hommage et témoigner aux siens ma reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour le journalisme et pour moi particulièrement.

Au moment où j’écris ces mots, je me demande si je vais être capable de traduire ce que j’ai retenu de cet homme. Ma douleur est tellement grande de ne pas pouvoir être à Fribourg maintenant pour lui rendre un vibrant hommage et dire à toute sa famille mon attachement.

Roger est un homme d’exception. Tous ceux qui l’ont approché savent qu’il avait le chic d’être très paternaliste. J’ai eu la joie de l’entendre souvent m’appeler “ma fille”. Ce qui ne pouvait que me flatter, tant j’ai été accueillie dans leur maison, comme si je me trouvais dans celle de mes propres parents. Roger aimait la vie et savait faire la fête, en buvant un bon vin.

Un autre cadeau que Roger m’a fait est celui de me partager sa passion pour le journalisme. Il m’a accordé la chance de passer mon premier stage de journalisme dans un “temple”  « La Liberté » de Fribourg. Le dire peut être considéré comme une faveur qui m’était réservée. Non, dans ce journal plusieurs étudiants ont eu leur chance et c’est la politique de la maison.

Grâce à sa générosité, sa simplicité, son ouverture, mais aussi sa rigueur et sa capacité à être exigeant, il m’a communiqué les règles de ce métier. Il me disait souvent “en plus du professionnalisme, il faut de la chance pour faire du journalisme”. La chance de tomber sur ce qui est opportun, la cerise sur le gâteau de l’information, quoi.

Roger détenait le secret pour se mettre au même diapason que ses interlocuteurs. Dans la demeure où il vivait avec sa femme et ses enfants, j’ai vu passer des personnes aussi différentes que cela traduisait bien la grandeur de son cœur et un profond respect pour l’humain, quel qu’il soit.

Je voudrais ici partager cette interview qu’il m’a accordée pour le compte du Magazine congolais « Avant Garde » (voir la rubrique “Portrait”). Je tremblais à l’idée de devoir faire cet exercice devant un grand journaliste et de ce fait, étaler toutes mes lacunes. Mais j’ai passé mon examen avec brio et je me vante de n’avoir pas perdu trop de plumes. Ce fut en définitive, une fierté d’avoir obtenu un entretien où il s’adresse à ses confrères d’Afrique, un Continent qu’il connaît et où il a de nombreux amis.

Roger, tu es parti, mais tu resteras vivant dans ma mémoire et à travers  mon engagement en tant que journaliste, aujourd’hui, dans mon pays. Merci !!!

« Informer sur l’Afrique comme on informe ici »

Roger de Diesbach vient de publier aux éditions Slatkine (Genève) un ouvrage intitulé « Presse futile, presse inutile. Plaidoyer pour le journalisme ». Ce célèbre journaliste suisse s’est toujours fait remarquer grâce à son goût particulier pour un journalisme de qualité. Il a travaillé pour l’Agence Télégraphique suisse (ATS), La tribune de Genève, Le Journal de Genève, Gazette de Lausanne. Dans la foulée, il a crée le Bureau de Recherche et (BRRI) et conduit comme Rédacteur en chef La Liberté de Fribourg. Depuis 2007, il est journaliste indépendant.

Attaché à des valeurs, R. De Diesbach prône un journalisme qui cherche la vérité et s’en prend au journalisme facile et aux éditeurs qui servent au public de la futilité pour mieux se vendre.

Ce livre est la preuve de son expérience (35 ans) dans le journalisme de recherche et de ses nombreuses rencontres à travers le monde. Il y fait aussi revisiter la Suisse dans son rôle humanitaire à travers le monde, l’Afrique et une Suisse qui défend des intérêts économiques peu avouables.

Qu’est-ce qui est à votre avis inutile et futile pour la presse, le journalisme en général ?

Ce qui n’est pas d’intérêt général, genre les fesses de la Comtesse. Qu’il y ait des sourires c’est bien. Mais si la presse n’est constituée que de futilité, cela ne sert à rien. Parce qu’il y a eu une grande crise financière dans les journaux et qu’une partie des éditeurs oublient leur mission d’information pour amuser et distraire. Au lieu de s’adresser à l’intelligence et de chercher la vérité ils s’adressent à l’émotion par des gadgets. On a souvent une presse de larmes et de sexe qui ne rempli plus son rôle.

Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre en terme de plaidoyer pour le journalisme ?

Pour différentes raisons :

-         pour les jeunes journalistes qui devraient apprendre à dire non pour sauvegarder leur propre crédibilité

-         Pour défendre le journalisme de recherche, d’investigation qui est pour moi un pléonasme.

-         pour raconter cette Suisse très inconnue sur le plan international et qui  a la fâcheuse tendance d’avoir un bras gauche qui sert ses intérêts avec cynisme alors que le bras droit se complait dans l’humanitaire

-         Pour dire aux éditeurs qui dérapent vers la futilité qu’ils sont en train de brûler leur nid.

L’Afrique est un continent que vous connaissez et on le constate dans votre livre. Vous parlez de la RDC, du Rwanda, du Tchad, du Sénégal et d’autres pays encore. Comment ressentez-vous la place qui est réservée à l’Afrique dans les médias, la presse suisse en particulier ?

Je pense que ne pas consacrer à l’Afrique la place qu’elle mérite dans l’actualité, le fait de n’avoir pas couvert comme il ne le fallait les massacres épouvantables de la RDCongo a été un manque. Je pense que nous sommes victimes de l’éloignement et de notre propre peur. Pour le reste il faut informer sur l’Afrique comme on informe ici. Si je me méfie du journalisme ring de boxe  qui présente le bon d’un côté et le méchant de l’autre, je me méfie tout autant d’un journalisme humanitaire qui voudrait peindre l’Afrique en rose.

Et le journalisme tel qu’il est exercé en Afrique comment le sentez-vous ?

Je le sens extrêmement difficile et variable d’un pays à l’autre. Mais je rends hommage à tous ces journalistes même les plus modestes qui sont obligés de travailler avec des moyens financiers et techniques lamentables.

Que pourraient apporter le journalisme et les journalistes à l’Afrique aujourd’hui ?

Il y a un vrai problème financier dans la plupart des pays africains, qu’il n’appartient pas aux états de régler, mais aux citoyens qui devraient comprendre que seule la presse pourrait leur apporter une certaine transparence si nécessaire à la lutte contre la corruption. ça veut pour l’Occident aussi. Je suis convaincu que c’est par la formation qu’on arrivera à faire avancer les pays d’Afrique et notamment la presse, donc la démocratie. Car il est évident que la vie est difficile pour les médias dans des régions où seule une minorité des lecteurs est capable de lire et de comprendre. C’est pour cela que je vois en Afrique une grande chance pour des radios locales indépendantes et responsables.

Vous prônez un journalisme basé sur la recherche de l’info, sur l’art d’informer tout court or aujourd’hui tout doit se faire vite et à moindre coût si possible. Si on ajoute le cas de l’Afrique, l’info doit se donner pourvu que le journaliste soit en bon terme avec le pouvoir en place et trouve de quoi se nourrir. Si vous êtes fondateur d’une école de journalisme, sur quoi insisterez-vous pour former de bons journalistes ?

Je leur dirai que les journalistes sont inutiles s’ils se contentent d’être des mégaphones des pouvoirs politiques et économiques. Que leur seule force réelle et légitime est celle du témoignage et de la recherche de la vérité.

Beaucoup prédisent la mort du journalisme à cause d’Internet des différents sites et blogs, ce qui permet à tout le monde d’écrire et de commenter des infos. Pensez-vous qu’Internet va tuer le vrai journalisme ?

Internet est passionnant mais offre une information souvent manipulée, non triée et non vérifiée donc très dangereuse. L’info sur Internet a autant besoin des journalistes professionnels que l’info dans les autres médias. C’est justement le rêve périlleux de certains éditeurs de croire qu’ils pourront informer sans journalistes, ce qui ouvre la porte à tous les dérapages.

Qu’est-ce qui durant ces longues années a fait que vous continuez à aimer le journalisme ? Où trouvez-vous le plaisir de continuer ?

Je suis toujours enthousiaste par rapport à un métier qui fait des journalistes les agents de transparence de leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Si je suis plus critique c’est par rapport à une presse qui abandonnerait son travail et ses critères éthiques pour de l’argent.

Que pouvez-vous dire aux jeunes journalistes pour qu’au-delà des exigences du métier, ils trouvent toujours du plaisir à l’exercer ?

Il faut que les jeunes journalistes soient convaincus qu’ils tiennent en main le pouvoir de faire changer les choses. Je ne parle pas de leur propre pouvoir, mais du pouvoir d’établir la vérité qui elle seule permet parfois de faire avancer les choses.

08.27.09

Tous écolos !

Publié dans Mise à jour tagged à 23:59 par nmheclosions

sac à provisions

De nos jours, pour faire bien, il faut afficher son attachement à l’écologie. Nous essayons tous de montrer à nos semblables que par des engagements aussi petits soient-ils, nous faisons attention à notre environnement. Gare donc à celui qui ne fait aucun effort, il portera la responsabilité d’asphyxier notre planète mère : la terre.

Il y a quelques jours, je suis arrivée à Dakar et comme il arrive souvent aux voyageurs distraits d’oublier des choses utiles, j’ai dû vite courir m’acheter ce qui me manquait et commençait à me poser un vrai problème.

Je suis allée dans une station service et là, j’ai eu la joie de voir mes achats finir dans un sac en papier, pas en plastique, comme on en voit encore dans certaines villes africaines qui ne veulent pas s’adapter aux nouvelles donnes environnementales. Pour ne plus se retrouver avec des sacs en plastique qui vont finir dans nos décharges à ciel ouvert pour une durée de vie interminable et donner l’image d’une ville crasseuse, certains commencent à faire des efforts. C’est le cas de ce vendeur de carburant dont je dois louer l’initiative.

Cependant, lorsque j’ai pris le sac et que j’ai lu ce que vous lisez aussi sur ces photos, j’ai ri jaune. Comment m’expliquer que pour deux petits sacs en papiers, je vais lui accorder la palme du respect de notre environnement, alors que je connais sa principale activité partout dans le monde ?

Comme quoi, n’est pas écolo qui le veut  et il ne suffit pas non plus de quelque slogan sur un sac à provisions pour le devenir.

slogan

08.12.09

Solidarité ou arnaque (familiale) ?

Publié dans Mise à jour tagged , à 23:59 par nmheclosions

service_entraide

Grâce à la solidarité familiale dans de nombreux endroits en Afrique, certains ne manquent de rien puisque d’autres pourvoient. Cependant, cette solidarité est souvent à sens unique, ceux qui donnent un jour, sont priés de donner toujours. Mais eux, ne reçoivent parfois rien, même pas l’attention de leurs protégés. Pire encore, lorsqu’on regarde de près, cette fameuse solidarité prend parfois des allures d’escroquerie bien ficelée par ceux qui savent la manier.

Comme nombreux parmi nous le savent, il est de rigueur que celui qui a plus dans nos familles africaines, donne plus à ceux qui ont moins. Mais malheureusement, ceux qui ont la malchance d’être identifiés comme tels connaissent des fois un quotidien très stressant et rempli de solitude. Ils doivent penser à tout le monde, mais personne ne pense à eux. On peut même dire que les autres développent une sorte d’indifférence à leur égard au point où ils sont considérés comme des surhumains qui ne manquent pas d’argent et n’ont aucun souci personnel. Ils doivent rester forts, gentils, en bonne santé pour que les autres aient une belle vie. On pourrait dire sans exagérer que ces “riches” de nos familles sont des sacrifiés.

Il y a quelques jours, je découvre Nadine, une dame qui habite le même palier que moi en pleurs. Elle est fatiguée et n’arrive même plus à marcher. Je lui dis bonjour et là comme si elle n’en pouvait plus, elle se met à sangloter. Cela me surprend un peu parce qu’en général  c’est une femme très forte et dynamique.

Je l’aide à porter les sacs qu’elle avait jusque dans son appartement. Elle me demande de prendre un verre d’eau. Je décline l’offre, mais elle insiste et me demande de m’asseoir un moment pour entendre ce qu’elle avait sur le cœur.

Nadine me raconte tous les déboires qu’elle a avec sa famille qui la prend pour la bienfaitrice de tout le monde. Elle habite seule et en ce moment elle est malade. Cependant, personne n’arrive à entendre sa souffrance. Elle essaie de faire comprendre à tout le monde que depuis quelques semaines, elle vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’un cancer. Elle est à bout de souffle, elle digère mal cette nouvelle. Mais personne dans sa famille ne l’appelle pour lui demander comment elle va et ce qui va se passer maintenant.

Si, une sœur et un neveu l’ont appelé, mais c’était pour lui demander de penser à eux parce que la rentrée des classes va bientôt arriver. En général c’est elle qui s’occupe de ce genre de chose. Elle me raconte à l’occasion que des fois, elle donne de l’argent pour ceci ou cela, afin de soulager les autres parce qu’elle pense avoir plus que les autres. Mais elle sait que certains en profitent bien. Elle pense même qu’il leur arrive d’inventer des besoins, question d’en soutirer un peu plus.

Je lui ai demandé pourquoi elle ne s’adressait pas directement à ceux qui en abusaient pour qu’ils arrêtent de la faire souffrir. Elle m’a répondu : « Je ne peux pas le faire parce que je n’en ai pas le courage. J’ai peur que cela soit mal interprété et que les autres pensent que je ne veux pas leur porter secours ».

On connaît certainement des tas d’histoires de ce genre, on n’y fait peut-être même plus attention, mais Nadine m’a fait pitié. Je voulais juste vous partager cette histoire, question de  faire un petit clin d’oeil à ceux qui subissent la même réalité. Ainsi va parfois la famille africaine ! Cependant, ça m’écoeure quand même de voir qu’une telle situation n’apporte pas que du bonheur dans nos familles qui ont pourtant la réputation d’être des lieux chaleureux.

08.10.09

Des nouvelles de “L’envers du décor”…

Publié dans Mon roman tagged , , à 17:49 par nmheclosions

Bonne lecture

Comme vous le savez déjà, mon premier roman est en vente depuis de longs mois. Cependant, depuis un moment, je reçois des messages de déception de la part des personnes qui veulent s’en procurer en librairie ou par d’autres canaux, parce qu’il apparaît comme indisponible sur Internet.

En réalité, mon éditeur a sollicité les services d’un autre distributeur CALIBRE et durant la mise en route de ce nouveau partenariat, les livres apparaitront momentanément  indisponibles. Malheureusement, “L’envers du décor” aussi.

Ainsi, je voudrais rassurer ceux qui voudraient ou qui ont tenté de  se procurer mon roman, que ce désagrément est temporaire. Pour vous permettre de l’acheter le plus rapidement possible, je vous conseille  de vous rendre à l’adresse suivante et de faire votre commande directement auprès de mon éditeur en indiquant bien vos coordonnées pour l’envoie par la poste. Comme vous le savez déjà certainement, vous pouvez vous le procurer en deux versions (papier et téléchargeable sur Internet)

Veuillez nous excuser pour cette gêne causée et  je souhaite que d’ici là tout s’arrange. Merci pour votre compréhension et bonne lecture.

07.30.09

J’ai une peau foncée, mais je déteste !

Publié dans Mise à jour tagged à 12:58 par nmheclosions

Il y a quelques temps j’ai, au détour de causeries de femmes, entendu une connaissance nous raconter sa mésaventure à l’aéroport de Paris, de retour du bled. Elle serait une victime prise en flagrant délit simplement parce qu’elle était gentille. Elle portait dans ses bagages un colis interdit : des crèmes éclaircissantes.

Ma copine Prudence (je me suis d’ailleurs demandée comment avec un tel prénom elle pouvait se laisser prendre dans une telle affaire) rentrait du Congo après ses vacances. Arrivée à l’aéroport de Paris, une banale fouille de bagages révèle qu’elle possède des produits éclaircissants.

Comme nous savons bien le faire, Prudence commence à crier, à faire la grande gueule aux douaniers, prétextant que ces produits interdits ne lui appartennaient pas. On les lui aurait remis pour les porter à une compatriote. Ce qui est étonnant c’est le fait qu’elle avait une quantité industrielle de ces crèmes, disséminés un peu partout dans ses bagages.

Les douaniers très calmes lui expliquent qu’elle ne peut pas entrer en France avec de tels produits puisqu’ils sont dangereux et interdits depuis longtemps. Petit à petit, Prudence a commencé à baisser d’un ton, au point de ne plus rien dire du tout, puisqu’elle avait fini par comprendre qu’elle était dans de mauvais draps. Elle s’est rendue compte qu’il y a des choses qu’on peut réussir à faire passer dans un aéroport du Congo en payant les “haricots des enfants”. Mais réussir à  faire la même chose  en France est une autre affaire. Prudence, tente tout, le charme, les pleurs, les supplications, rien n’y fait. Elle est conduite dans un bureau où elle doit faire une déposition et payer les amendes salées qui vont tombent.

Je reviens sur cette scène que j’ai entendu relater il y a des mois parce que depuis, je me suis demandée pourquoi, malgré toutes les interdictions, ces saletés continuent à circuler ? En effet, les produits éclaircissants sont interdits de vente et d’utilisation depuis de longues années, mais lorsqu’on observe certaines personnes (hommes et des femmes) on se rend compte que la pratique qui consiste à se décaper la peau pour la rendre plus claire, reste en vigueur dans nos communautés africaines. On peut même dire que depuis, les réseaux clandestins se sont multipliés.

Alors, je me suis empressée de rappeler Prudence, puisque même si elle a nié ne pas être concernée par ces crèmes éclaircissantes, en la regardant, on voit bien que sa peau a subit quelques transformations dues à ces crèmes. Je l’ai rappelé pour lui demander pourquoi elle s’enduisait de ces produits dangereux. Elle m’a répondu « non, je ne me décape pas la peau, j’ai une peau claire depuis ma naissance. Je mets un peu de tube (comprenez, crème éclaircissante) dans mon lait de beauté pour ne pas perdre ma couleur parce qu’entre le calcaire, l’eau de javel qu’il y a dans l’eau ici, je risque de voir ma couleur changer ».

Il était difficile que je m’arrête là, j’ai alors posé la même question à un monsieur, oui, certains messieurs le font aussi. Gianni, m’a dit ceci : « Je le fais parce que je n’aime pas avoir une peau trop sombre. Je ne veux pas devenir blanc, c’est juste pour entretenir ma peau. Les blancs, lorsqu’ils vont se bronzer ce n’est pas pour devenir noirs. C’est juste pour ne pas être trop pales ».

Il y a d’autres femmes africaines que j’ai interrogé et qui se sont défendues par rapport au soupçon du dénie de couleur de peau qui circule autour de la question. Elles m’ont dit que non, c’est juste une question de choix personnel et d’esthétique. « Les femmes les plus appréciées par nos hommes sont celles qui sont claires de peau, alors il faut se rendre belle pour être choisie ».

Nous vivons dans un monde où la liberté s’est érigée en droit, il est donc inutile et déplacé de juger les personnes qui pratiquent ce sport. Cependant, il est quand même important de rappeler que c’est un réel problème de santé publique. C’est pour cela que ceux qui ont pris conscience des dangers de telles pratiques se battent bec et ongles pour lutter contre et ne pas faire la promotion de tels produits.

C’est le cas de certaines associations et des personnes qui travaillent sur le Continent africain pour faire de la sensibilisation autour de cette question. A l’instar du Docteur Fatimata Ly, Présidente de l’association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle. Sans pour autant parler à la place d’une spécialiste, je vous laisse lire cette interview accordée il y a quelques temps au site Afrik.com.

C’est un contre-pied de certains magazines féminins répandus sur le continent, qui au fil des pages, ne se gênent pas d’étaler les publicités sur des produits éclaircissants, alors qu’ils se présentent comme des canaux d’information et de la promotion des femmes africaines.

Contrairement à ce qu’on peut croire, il n’y a pas que les africaines qui se décapent la peau, on trouve le même phénomène chez les asiatiques, les maghrébines, les afro-américaines et les antillaises.

06.28.09

Un “fessologue” au 1er Salon du livre de Rouen

Publié dans L'agréable tagged , à 23:59 par nmheclosions

Alain Mabanckou

Comme vous l’avez constaté, j’ai eu du mal à vivre dans notre nouvelle maison. J’ai un peu eu peur du vide et déserté notre espace, le temps de l’apprivoiser. Pour m’évader, j’ai fait un tour ce week-end au 1er Salon du livre de Rouen, question de toucher à un bout de la tunique de nos sommités de la littérature. Cette initiative est celle des libraires de la ville de Rouen.

Ma joie a été immense de passer un moment en compagnie de notre “fessologue” national Alain Mabanckou, et de parler de son dernier roman Black bazar. Comme d’habitude, c’est un roman délicieux qui vous entraîne dans des décors envoûtants, ces décors connus ou soupçonnés. On y entre tout doucement et soudain pris par une sorte de tourbillon on s’engouffre dans ce labyrinthe sans retenue. Un labyrinthe d’où on ne tient pas à sortir. Entre rires, indignations et confirmations, ce roman vous paraîtra familier. Une narration vivante et rythmée, comme cet auteur sait le faire. Vivante parce qu’elle traite de la vie des personnes, de certaines personnes.  Rythmée puisqu’il s’agit du vécu raconté avec tout le naturel possible. Ce n’est pas de la froide fiction, même si parfois les traits sont grossis au maximum (à dessein).

J’en ai profité pour rencontrer d’autres écrivains : Thomté Ryam En attendant que le bus explose“, Béatrice Soulé “Même Ousmane Sow a été petit” et un conteur, Souleymane Mbodj.

Je vous conseille vivement de lire ce nouveau roman de l’écrivain Alain Mabanckou et si vous voulez en savoir plus sur lui, allez visiter son site.

L'entrée du salon

05.26.09

“Parcours de combattants” version Gerry Taama

Publié dans L'agréable tagged , , à 23:53 par nmheclosions

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Je viens juste de finir de lire ce roman et je m’empresse de vous partager mon avis. J’ai pris beaucoup de temps par contre pour le lire non pas parce qu’il est lourd à lire, mais simplement parce que je ne suis pas une boulimique de la lecture. Pour moi, une bonne lecture se savoure lentement, qui à abandonner la lecture durant quelques  jours (pour faire autre chose) et y revenir par la suite.  De toute manière on aboutit au même résulat, on fini par lire tout le texte.

Ce roman paru aux Editions L’Harmattan, “Parcours de combattants” est l’oeuvre d’un lieutenant de l’armée togolaise, Gerry Taama. Lorsqu’on entre dans la lecture de ce roman on se rend vite compte que l’auteur est un fin observateur de son milieu et un vrai militaire. Ce dernier “détail” donne une belle saveur à la narration qui se déroule dans un pays imaginaire d’Afrique, dans un contexte tendu. Cependant au milieu de cette horreur on découvre que l’amitié et l’amour peuvent rester présents.

“Parcours du combattants” c’est 12 chapitres et 245 pages qui se lisent comme un vrai polar, un genre peu répandu dans l’univers des écrivains africains. On ne peut donc que souhaiter longue vie à l’aventure littéraire de notre nouvel auteur.

Pour en savoir plus sur ce roman et son auteur, je vous prie de prendre connaissance de ce qui a déjà été écrit dans le Blog de Naomed (Sénégal), Togoforum.com et Togocultures (Togo).

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