14 mars 2012
Ni responsable, ni coupable
Le 4 mars 2012, une catastrophe de plus a emporté de nombreux congolais après l’explosion d’un dépôt d’armes dans un quartier très peuplé de Brazzaville (Mpila). Le 11 mars 2012, une partie des morts a été inhumée après une grande cérémonie organisée à l’occasion.
Merci à la Nation de nous permettre d’enterrer nos morts dignement. C’est ce que la Nation attend de nous, une reconnaissance aux efforts qu’elle fait. Mais alors, qu’attend le peuple ?
Le peuple attend juste des excuses de quelque autorité publique, militaire, civile que ce soit, qui reconnaisse la bêtise qui a consisté à stocker des armes dans des endroits habités par une population qui souvent n’en réalise même pas le danger. Et… rien. J’ai attendu, attendu, huit jours, jusqu’au dernier discours de la cérémonie des obsèques nationales, rien. Personne n’a demandé pardon aux familles éprouvées, au peuple ! J’en suis restée ébahie et je n’attends plus rien de cette prétendue enquête.
J’ai regardé les informations à la téllévision, écouté les radios nationales, locales, aucune information qui tienne la route. C’est Radio France Internationale (RFI) qui nous donnait des informations. Après, la presse congolaise va encore s’offusquer de constater que la majorité des congolais écoute RFI. Je me pose souvent cette question, les journalistes congolais font-ils de l’auto censure ou ne connaissent-ils pas leur métier ? Ce que j’ai vu sur nos chaîne de télévision, c’est le défilé des bienfaiteurs qui se disputaient la palme du meilleur donateur. Il fallait entendre le chapelet des personnalités, des associations, des entreprises… Aucun vrai reportage qui montrait la réalité sur le terrain, celle des sinistrés dans les camps de fortune, expliquer ce qui se passe. Pas de victime pour dénoncer le vol organisé qui se pratique actuellement avec les différentes aides venues de partout.
Merci la Nation ! Le peuple vous remercie !
8 mars 2012
(Journée de) Fête ou réflexion ?
La Journée mondiale de la femme se célèbre tous les 8 mars et chaque année il y a de quoi se demander si cette journée est une fête qui célèbre la femme ou une journée pour que les femmes fassent un état des lieux concernant leur condition au sein de leur société ? Il y a de quoi créer la confusion lorsque je regarde les différentes activités qu’organisent les femmes dans la société congolaise et les priorités qu’elles s’accordent ce jour-là.
C’est devenu une dictature chez nous en République du Congo, car chaque employeur doit offrir un pagne à chaque femme qui fait partie du personnel. En plus de cela, il devra “libérer” les femmes de la journée pour qu’elles s’adonnent à des activités diverses qui ne regardent que les femmes. Gare à l’employeur qui ne s’exécutera pas, il risque de se rendre impopulaire et devoir gérer des femmes en colère. Il risque gros puisque même au plus haut niveau on lui sortira des textes officiels qui décrètent que ce jour là, les femmes ne travaillent pas, à la limite, elles s’amusent.
C’est là que moi en tant que femme, je suis gênée. Comment alors que nous voulons que l’humanité entière nous respecte et nous considère comme des êtres humains à part entière, nous choisissons de refuser de travailler parce que nous avons besoin de nous amuser entre femmes. Il est donc normal de déserter le lieu du travail, toute une journée, sans mesurer l’impact de cette décision sur soi-même et sur l’entreprise à laquelle on appartient. N’est-ce pas là la preuve que certaines femmes n’ont pas compris, elles-mêmes, ce qu’elles sont et ce qu’elles représentent pour l’entreprise ?
Ce qui me réconforte depuis deux ans c’est le fait qu’une partie du personnel féminin de l’entreprise à laquelle j’appartiens a compris que le 8 mars est une date importante pour les femmes, mais ce n’est pas pour cela que nous allons tout arrêter. D’autant plus que la majorité des postes est tenue par les femmes du moins au niveau administratif et financier. C’est pour nous une occasion de nous valoriser et de démontrer que notre présence est la preuve des avancées que les femmes souhaitent dans toutes les sociétés.
7 novembre 2011
La foire des miracles
Depuis 7 ans, l’Association Madingo-Kayes Développement (MKD) organise la Foire des productions locales de Madingo-Kayes. Cette année elle a eu lieu du 16-20 septembre à Kayes-Poste (quarantaine de km de Pointe-Noire). De nombreux producteurs ont répondu présent en exposant et vendant leurs productions.
La première pensée qui m’est venue à l’esprit lorsque je suis entrée dans le parc à exposition c’est la foire des miracles. J’ai eu l’impression que cette foire donnait une autre image, une image inconnue de notre pays. J’ai eu l’impression de voir un tableau suréaliste. Pourtant, c’est possible, puisque j’ai vu des producteurs agricoles qui travaillent la terre avec l’idée de venir montrer le fruit de leur travail à un public et gagner un peu d’argent.
C’est un coup de coeur qui pousse à garder espoir, même si tous ceux qui connaissent ce rendez-vous savent que seul un homme se bat pour le maintenir, je ne citerai pas son nom ici. Le Président de MKD croit telllement à ce projet que chaque année, il va chercher les producteur dans les village et leur offre une place d’honneur dans le parc d’expositions construit à cet effet.
Bien sûr, cette foire a encore beaucoup à donner pour devenir une foire de référence dans le Département du Kouilou. Il existe encore quelque râtés : l’organisation, l’implication des agriculteurs, les prix (pas très différents de ceux pratiqués dans les marchés de Pointe-Noire (capitale économique du Congo). Les producteurs ont beaucoup à gagner à réduire les prix de vente surtout qu’ils ne payent ni le transport, ni la place occupée dans le parc d’expositions durant la foire. Ce fait pourrait faire venir plus de monde à Madingo-Kayes.
24 août 2011
Le malheur des uns, fait le bonheur des autres
Alerte à un risque de contamination dû à l’échapement d’un gaz toxique dans le port de Pointe-Noire , voici l’information qu’une partie de la population de Pointe-Noire a reçu hier matin.
C’était aux environs de midi que la nouvelle s’est propagée comme une trainée de poudre, dans un environnement où la rumeur peut prendre des dimensions incontrolables. Elle peut s’enfler au point de s’aclater en mille morceaux, sans que personne ne réuissise à limiter les dégâts. Quoiqu’il en soit, rumeur ou pas, il a fallu quitter les envirions du port et s’enfuir vers les quartiers de la grande cité de la ville portuaire.
Comme vous pouvez l’imaginer, sans aucun encadrement, sans instructions claires, la masse de personnes qui afflue tous les jours au port et ses environs (plaque tournante de l’économie et du commerce de la ville) a dû se débrouiller toute seule. La population s’est retrouvée face à des taximans véreux qui ont voulu profiter de la situation pour se faire plein les poches. La prix d’un trajet égal à 700 FCFA (environ 1,50€) a grimpé à 1500 FCFA (2,30€) en un temps record. C’était à prendre ou à laisser. Mais voilà, le risque était là, il planait dans l’air cherchant à s’engoufrer dans n’importe quel organisme humain en errance. Il fallait donc se décider très vite au risque de se voir faucher par la mort.
J’espère seulement que nos chers conducteurs de taxi ont fait un bon chiffre d’affaire hier et que le gaz mortel qui soit disant s’échappait du port a choisi de ne contaminer que les malheureux travailleurs du port et des environs.
23 décembre 2010
Bonnes fêtes !!!
Une nouvelle année pointe son nez et malgré mon absence remarquée, je vais quand même vous souhaiter à tous et à toutes une Bonne et Heureuse Année 2011.
Mea culpa, mea maxima culpa pour le silence qui a régné sur cet espace.
Je suis restée observatrice de ce qui se passe autour de moi. Et pour cette fois, je vais vous promener dans les rues de Pointe-Noire depuis que la saison pluvieuse a commencé. Pas très attirant comme cadeau pour les fêtes, mais c’est le quotidien ici.
A cause de tout cela, je souhaite que le Père Noël apporte beaucoup de bitume et des décideurs capables de nous construire des routes à la hauteur des taxes que nous payons.
22 août 2010
On en parle sur TPT
Le 23 août et le 8 septembre 2010 à 19h30, au cours de l’émission “Un jour, une oeuvre” sur Télé Pour Tous 1 (TPT1) je parlerai de mon roman “L’envers du décor”.
Dans la deuxième émission, je serai en compagnie d’un juriste qui nous eclairera sur les questions de succession et d’héritage selon le code de la famille congolaise.
18 août 2010
Enfin en librairie, à Pointe-Noire
C’est avec une grande joie que je vous informe que mon roman “L’envers du décor” est désormais disponible en librairie à “La Maison de la Presse” de Pointe-Noire (Congo-Brazzaville).
Tout le mérite est à Madame Nkodia qui malgré la distance (entre le Congo et la France) et les tracasseries n’a pas arrêté l’aventure en route.
En effet, cela fait un an bientôt que je suis rentrée à Pointe-Noire et avec cette libraire vivant et travaillant dans cette ville, j’ai voulu vivre une aventure auteur/libraire. Je lui ai offert mon roman pour qu’elle le lise et le commande au cas où elle aurait trouvé un intérêt à le faire.
Aujourd’hui c’est chose faite, “L’envers du décor” est désormais en vente à Pointe-Noire au Congo.
Ceci peut sembler comme un détail sous d’autres cieux, mais dans mon pays, c’est une grande victoire. Car chaque fois qu’on arrive à commander des livres et à les acheminer jusqu’ici, cela s’apparente à un parcours du combattant. Au Congo, le livre est devenu un produit rare et onéreux. La lecture est de plus en plus un acte réservé à une élite.
Grâce à de petits pas comme ceux-ci, l’écriture et la lecture continueront à exister dans ce pays qui a fait les beaux jours de la littérature africaine et francophone.
3 août 2010
50 ans et trop jeune (encore)
Dans quelques jours, nous allons fêter les 50 ans de notre indépendance et je peux vous assurer que les villes du Congo sont sens dessus dessous. Les chantiers naissent ici et là, tout est fait de sorte qu’aucune tache ne soit visible afin que nous soyons dignes de fêter les noces d’or de notre liberté.
Je vais commencer par ceci. C’est avec beaucoup de respect Logo cinquantenaire que j’arbore ce logo du cinquantenaire de notre indépendance. C’est une œuvre que je respecte parce que quelqu’un a travaillé pour le concevoir. C’est un symbole choisi parmi tant d’autres, puisque si je ne me trompe pas il y a eu un appel à candidature et c’est cette œuvre qui a été choisie. Je ne veux pas faire de la mauvaise fois. Chapeau bas l’artiste.
En circulant dans la ville, on peut constater une grande agitation de dernière minute (comme on sait bien le faire en de telles circonstances). Des travaux de marquage au sol dans ce que nous appelons les avenues ici, les peintures aux murs de certains bâtiments, l’exigence de dessiner ou de poser un drapeau congolais devant les commerces, l’installation des fils pour le circuit électrique, bref, c’est toute la ville qui est en chantier. Mais si on regarde de près, c’est juste de la poudre aux yeux. C’est encore la matérialisation des devis faits à la va vite pour justifier la sortie d’énormes sommes que certains vont empocher sans scrupules.
Entre temps le congolais moyen continuera à assister à la mise en scène de sa vie orchestrée par certains, toujours les mêmes. On nous vante 50 ans d’indépendance. Mais à côté, le système éducatif se meurt, celui sanitaire n’existe plus, les infrastructures sont toutes vétustes, sinon inexistantes. L’eau et l’électricité sont des denrées très rares qu’on continue de payer sans en recevoir en retour.
Même les médias s’y sont mis (dans la bêtise) lorsque sur toutes les chaînes de télévision, de radio et dans la presse écrite on nous retrace de prétendus bilans sur les 50 ans de musique, de sport, de culture, de mode, de vie, etc. Donc, le Congo n’a jamais existé avant cette fameuse indépendance. Il n’y a jamais eu une expression de la vie au Congo avant 1960.
Nous admettons donc que nous avons commencé à faire quelque chose, à vivre le jour où notre colonisateur avait admis que nous pouvions devenir des êtres humains. Ainsi, depuis 50 ans nous sommes enfin devenus ce que nous sommes aujourd’hui.
Si c’est le cas, je comprends alors que nous soyons dans cette situation de sous humanité, puisque comme tout le monde s’accorde à le dire par ici, 50 ans c’est très peu pour réaliser quelque chose d’intéressant. Voilà, nous avons trouvé notre consolation. Nous sommes de trop jeunes Etats qui se cherchent encore. Prenons notre temps ! Un jour, lorsque nous aurons plus d’années de vie, nous atteindrons l’excellence des autres. D’ici là, marchons courageusement vers l’avenir.
16 juillet 2010
Délestage radio
Cela fait des jours que radio Pointe-Noire ne nous offre plus de journal parlé. La cause, des coupures intempestives de courant .
Depuis des mois, notre radio locale chaîne nationale (radio Pointe-Noire) vit au rythme des délestages d’électricité récurrents au centre ville. Voilà donc plusieurs jours que le journal de la mi-journée ne passe plus et parfois même celui du matin, comme aujourd’hui. Je dirais même que la radio ne fonctionne plus normalement tout simplement.
Là où cela m’intrigue c’est que nous avons ici affaire à une antenne de la chaîne nationale et j’ai du mal à comprendre que le ministère de communication ne puisse pas lui offrir un groupe électrogène. Encore mieux, comment il n’arrive pas à la connecter directement à l’alimentation en électricité des fameuses centrales dont on nous vante les capacités depuis longtemps ? Oups, j’avais oublié, elles ne sont pas encore en fonction. C’est une affaire d’avenir. On attend alors…
7 mars 2010
L’égalité des sexes en question
On peut dire qu’il est temps que l’égalité des sexes devienne une réalité. Cela fait déjà cent ans que les femmes essaient chaque 8 mars d’assiéger différents lieux pour rappeler qu’elles sont là et que leurs conditions de vie et de travail ne sont pas satisfaisantes.
Chaque 8 mars, les hommes reviennent toujours sur cette boutade qui voudrait tourner en bourrique les femmes et leur rappeler que c’est une idiotie de laisser les hommes occuper le terrain durant 364 jours pour n’en choisir qu’une seule. Cette boutade est en fait révélatrice d’une réalité puisqu’il est vrai que de nombreuses femmes vivent dans des sociétés où elles agissent tous les jours, mais personne ne les voit puisqu’elles accomplissent des tâches certes nobles, mais qui ne sont pas reconnues comme telles.
Voyez-vous, d’après les études de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) les femmes africaines constituent près de 70% de la force agricole du continent et elles produisent à peu près 90% des denrées alimentaires. Le taux d’activité des femmes africaines, soit 61,9%, serait supérieur à celui des autres régions du monde. Ce qui fait que les femmes travaillant dans le secteur informel et dans des postes de moindre qualification est très élevé en Afrique, puisque seules 8,5% de femmes sont salariées dans le secteur non agricole.
Ces deux réalités montrent bien que les femmes ont encore du chemin à parcourir pour que leurs conditions de vie et de travail s’améliorent. Mais pourquoi alors qu’on parle de Journée Internationale de la femme, d’autres parlent de fête de la femme. Le 8 mars serait-elle une journée de fête ? Pour qui et pour quoi ? Que fête-t-on lorsqu’on a peint un tableau aussi obscur sur les réalités des femmes sur notre continent ?
Il s’agit ici d’interpeler certains groupements de femmes qui peuvent constater par elles-mêmes que leur travail de sensibilisation et de communication sur les problématiques des femmes est un échec. On a compris fête là où il fallait comprendre prise de conscience, bilan, prise de décisions pour une vie meilleure pour toutes les femmes.
Vous allez me dire que je joue les rabat-joie, pourquoi je m’en prends à ce qui est un moment de réjouissance ? Alors que la majorité de femmes se sont mises sur leur 31 avec les beaux pagnes qui ont été imprimés à l’occasion. Après les discours on va boire et manger et la vie est belle. Pourquoi s’en prendre à cette particularité africaine qui voudrait qu’on danse pour tout ?
Pourtant j’insiste, le 8 mars n’est pas une journée de fête, elle est une journée de réflexion et de prises de décisions pour que nous arrêtions, nous femmes de penser que nous devons êtres entretenues par les hommes. Que pour obtenir une promotion, nous devons passer par le canapé. Que nous ne sommes que des fleurs qui ne peuvent exister que si les hommes décident de nous procurer un peu de soins.
Or, depuis cent ans on célèbre le 8 mars pour dire à l’humanité que les femmes doivent êtres respectées au même titre que les hommes. Qu’elles sont capables de se prendre en main et de participer au développement de leur pays. Qu’elles peuvent exister sans être à l’ombre des hommes.
Mais il ne suffit pas de le dire, de le revendiquer, de faire des marches de protestation et encore moins de faire la fête. Il faut que les femmes agissent en conséquence parce que c’est l’évidence de leur efficacité, leurs compétences qui feront que peu à peu elles occuperont la place qui est la leur la société. Qu’elles aracheront les places qui leur reviennent. Ce qui est sûr c’est que les autres ne changeront leur regard sur les femmes que si elles-mêmes quittent les postures humiliantes qu’elles adoptent souvent.
Femmes agissez pour l’égalité des sexes et comme scandaient fièrement les membres de l’Union révolutionnaire des femmes du Congo (URFC) intégrez le fait que « Seule la lutte libère ».







