01.14.10
Bonne Année 2010
J’arrive un peu en retard, mais je ne vous oublie pas !!!
A vous tous qui venez ici souvent, parfois et même jamais avant maintenant, je vous souhaite une année pleine de ces choses qu’on porte au fond de son coeur et qu’on voudrait voir se réaliser. J’espère que tout cela ajoutera du bonheur à votre être et votre existence.
Ce blog est un lieu de vie, il est l’image de ce que je vois partout où je passe. Il vit au rythme donc ma propre vie. C’est pour cela que je sollicite votre compréhension lorsque parfois je reste silencieuse des semaines sans rien vous apporter de neuf. J’espère qu’un jour, je ferai mieux. D’ailleurs, c’est mon souhait pour 2010 !
J’attends de vous de nombreux commentaires, voilà ce que je peux souhaiter à ce blog pour cette année. Merci.
12.03.09
Lutte contre la corruption : slogan ou réalité ?
Depuis quelques semaines, on nous dit que le gouvernement à lancé une campagne de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude à Pointe-Noire. Cette initiative est la bienvenue puisque ces maux gangrènent le Congo entier.
Curieusement, rien de concret à l’horizon puisque les médias sont très silencieux à propos, c’est à peine si le congolais moyen sait ce qui se fait concrètement. Dans la ville, quelques banderoles posées négligemment ici et là, à peine visibles, et des messages difficilement compréhensibles. Un exemple : Halte à l’enrichissement sans cause.
Une commission serait à l’œuvre, mais pour l’instant aucun coup d’éclat. Les policiers continuent à racketter les automobilistes et ceux-ci conscients de ne pas être en règle passent leur temps à payer des pots de vin. C’est devenu presque un jeu du chat à la souris, puisque les policiers se communiquent les informations sur les véhicules en cause et les automobilistes connaissent la majorité des policiers à qui graisser la patte. Au point où j’ai moi-même assisté à une partie de corruption entre un policier de la route et un automobiliste ces jours-ci.
A bord d’un véhicule dont le chauffeur a été arrêté pour cause d’immatriculation non conforme, j’ai vu ce dernier sortir du véhicule pour aller discuter un moment avec le policier. La première tentative de corruption infructueuse parce que la somme proposée était trop petite, le chauffeur est revenu dans la voiture chercher de l’argent. Pour la somme de 5000 FCFA, on nous a laissé passer avec notre voiture portant une fausse immatriculation.
Il faut aussi dire que les messages véhiculés par cette campagne ne passent pas, au contraire ils font sourire le congolais moyen qui n’y voit qu’une campagne de plus sans aucun résultat. C’est ce que j’ai cru comprendre dans les propos de ce concitoyen qui nous a tenu en haleine durant tout le trajet que j’ai fait dans un bus du grand marché de Pointe-Noire vers le quartier Tchali. Pour lui, « Le congolais a trop de problèmes à régler et chaque jour il doit essayer de trouver des solutions pour survivre. Il ne peut pas en même temps se préoccuper de résister au besoin de corrompre puisque c’est seulement ainsi qu’il peut trouver une solution auprès d’un agent de l’Etat véreux bien sûr, mais qui lui apporte des solutions quand même ».
En attendant la fin de la campagne, la corruption, la concussion et la fraude continuent à faire les choux gras de certains et à maintenir en otages d’autres.
11.29.09
Les pelleteuses de la peur
Il y a quelques temps, on a vu surgir des agents municipaux dans les quartiers de Pointe-Noire pour avertir et apposer des croix sur les espaces ayant dépassé les limites conformes au plan de la ville. Les autorités veulent certes faire régner l’ordre, mais cela ne participe pas à créer un climat serein lorsque les populations ont l’impression de subir une injustice.
De passage à Nkouikou, un quartier de Pointe-Noire, j’ai pu faire ces photos qui montrent les pelleteuses en action, mais aussi une terrasse de nganda (bar public) complètement démolie. De nombreux curieux et des victimes assistaient impuissants face à cette opération musclée de la municipalité.
Marina tenait un salon de coiffure sur la grande avenue qui traverse de ce quartier, elle a juste eu le temps de sortir son matériel, aidée par ses apprenties. Elle n’a pas voulue s’exprimer lorsque je lui ai demandé comment elle se sentait. Mais je pouvais lire sur son visage la tristesse de voir, en quelques minutes détruire, son lieu de travail. Elle m’a simplement fait comprendre que la prochaine fois, elle ferait attention pour ne pas implanter son salon n’importe où.
Charlie vient de la République Démocratique du Congo, plus bavard que Marina, il n’a pas hésité à exprimer sa colère. Pour lui, les autorités ne sont pas solidaires des personnes qui essaient de travailler pour ne pas aller voler ou arnaquer d’autres. Il était amer puisque cela faisait trois ans qu’il tenait un petit atelier de mécanique automobile. Pour lui, « c’est trois ans de sacrifices pour fidéliser une clientèle. Il faut désormais aller tout recommencer ailleurs ». Mais confiant, il espère trouver un autre endroit dans le même coin.
Ces réactions illustrent bien le fait que la population n’a pas compris le bien fondé de cette opération démolition des espaces en cause. Et c’est là qu’une faille s’est introduite dans une action pourtant justifiée, puisque nul n’est au dessus de la loi et celle-ci doit être respectée par tous les citoyens. On ne peut pas construire n’importe où, ni n’importe comment.
Or la municipalité de Pointe-Noire a laissé les gens, durant de longues années, s’installer dans l’illégalité sans réagir ; elle a même construit des routes en tolérant ces infractions. La population a toujours vécu là les unes sachant qu’elles étaient en faute, les autres qui sont venues après croyant qu’elles pouvaient installer leurs terrasses en toute quiétude.
De plus, les autorités municipales ont manqué d’aller à la rencontre des populations en organisant des sortes de sensibilisation afin de dialoguer, question de leur faire comprendre pourquoi elles avaient décidé d’agir de manière ferme. Ce travail à la base manquant, les populations ont l’impression de subir une sorte de dictature, alors que la municipalité ne fait que son travail. Une population qui n’est jamais consultée, rencontrée, aura toujours tendance à se désintéresser de ce qui le concerne et à subir les décisions prises depuis le haut sommet.
L’opération suit son cours dans la ville, mais ce qui intrigue et désole aussi la population c’est le fait que jusqu’à ce jour, seuls les terrasses et espaces se situant dans certains endroits de la ville sont touchés. Au centre ville de Pointe-Noire, de nombreuses terrasses abritant des restaurants, salons de thé… dépassent les limites requises, mais à ce jour, ni pelleteuse, ni croix n’a fait son appartition dans les environs. A suivre donc.
11.24.09
Je vous pollue et je m’en fous
Regardez ces images, c’est possible que vous ne compreniez pas où je veux encore en venir. En fait elles illustrent la sortie de la fumée provenant d’un groupe électrogène de mon voisin d’en face. Son groupe tourne toute la journée et une bonne partie de la nuit. Cette pauvre plante est la première victime de cette pollution atmosphérique (et sonore).
Ceci veut donc dire qu’à longueur de journées, nous sommes obligés de supporter aussi bien le bruit qui sort de cette machine, mais aussi la fumée. En effet, notre voisin qui visiblement ne doit pas acheter le carburant qui aliment son groupe électrogène, puisqu’il fait partie de ces « pétroliers » (agents de sociétés pétrolières du pays) vivant parmi nous ; peut se permettre de produire son courant et de se passer de l’électricité devenue tellement rare par ici à cause de nombreux délestage de courant.
Là où ça devient moins marrant dans l’affaire c’est le fait que mon voisin a pris le soin de mettre un tuyau d’évacuation de la fumée de son moteur en le dirigeant vers l’extérieur. Il a dû se dire que c’était mieux ainsi pour lui épargner, ainsi qu’à sa famille l’absorption continuelle de cette fumée polluante. Et c’est là que je trouve un tel comportement scandaleux. Pourtant, personne par ici ne se permettra d’aller le faire remarquer à ce voisin avec son mur de dix mètres. Nous respirons chaque jour sa fumée et supportons son bruit en toute résignation.
Mais ce que mon voisin a oublié, c’est le fait, que l’air qu’on respire est le même pour tous. Il a beau diriger son tuyau d’évacuation à l’extérieur, il subit d’une manière ou d’une autre les conséquences de cette pollution qu’il produit. Et c’est là que se pose le problème, sommes nous conscients de vivre dans la même planète que les autres, malgré le standing de vie que nous pouvons avoir ? Apparemment non.
Pour mieux me stresser, je regarde souvent cette plante pour savoir à quel niveau de pollution je suis et les effets potentiels sur mon organisme. Ici, aucun laboratoire ne pourra me le dire.
11.23.09
Transports en commun, musiques en commun
C’est ainsi que je qualifie cette cacophonie que je subie chaque jour dans nos transports en commun ici à Pointe-Noire. Il suffit de monter dans un bus pour remarquer que notre entrée dans l’air du mp3 et compagnie ne nous fait pas que du bien. Enfin, c’est mon avis.
Comme beaucoup de personnes, j’adore écouter un morceau de musique ou une radio lorsque je marche ou monte dans un bus. Mais ce que je supporte moins c’est le fait que mes voisins de bus, qui ont aussi le droit d’écouter ce qu’ils veulent, mettent leur son sur haut parleur.
Ainsi, il y a quelques jours, ce que je redoutais est arrivé. Nous étions 16 personnes dans ce bus, le chauffeur et son contrôleur compris, obligés d’écouter trois à quatre musiques différentes sur haut parleur. Imaginez ce que cela peut donner dans un mini-bus.
J’étais au bord des nerfs, mais je n’ai pas pu exprimer mon agacement, puisque, j’ai entendu quelques uns de mes voisins fredonner l’une ou l’autre chanson. Du coup, je me suis demandée si je n’étais pas tout simplement bizarre. Ce qui me dérangeait avait l’impression de ne poser de problème à personne.
10.31.09
Le Congo et ses bidons (jaunes) de la survie
09.29.09
Dadis Camara : l’aveu qui tue.
Voilà un militaire qui a pris le pouvoir en Guinée Conakry. Il a affirmé en arrivant au pouvoir qu’il souhaitait le changement pour ce pays. Il a promis que le moment venu il partirait et laisserait le pouvoir aux civils. Mais maintenant, il caresse l’idée d’y rester et de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Certainement que pour lui aussi le téléphone directe avec Dieu a fonctionné et il l’a investit Président de droit divin sans le consentement des guinéens.
Le plus gros dans cette affaire c’est que notre bonhomme aux treillis veut diriger un pays en avouant dans les médias qu’il ne peut pas contrôler l’armée. Une armée dans laquelle même les subalternes n’obéissent pas aux supérieurs.
Mon Dieu, quelle horreur ! Un putschiste qui ne peut pas maîtriser les siens au point que ceux-ci ne savent même plus se contrôler lorsqu’ils se trouvent devant des manifestants sans armes. Ils tirent à balles réelles et tuent des centaines de personnes. En plus de cela, ils se déshabillent en public pour violer des femmes.
Mais alors, comment peut-on confier la destinée de tout un peuple entre les mains d’un personnage qui avoue à la face du monde qu’il est incapable de se faire obéir ? Allez-y savoir. Ainsi va notre Afrique avec ses éternelles aberrations.
Dadis Camarade, on a compris. Tu n’es pas l’homme du moment, retires-toi et laisse les guinéens se débrouiller tous seuls. Ils peuvent s’en sortir
09.26.09
Le Joola : 7 ans après l’accident, « j’ai soif de vérité »
En séjour à Dakar depuis quelques semaines, j’en ai profité pour me rendre à la cérémonie commémorant le naufrage du Joola survenu le 26 septembre 2002 (près de 2000 morts et seulement 64 rescapés).
« La place du Souvenir » a vu la présence des familles des disparus, des officiels, des religieux, des journalistes et d’autres personnes venues témoigner leur soutien aux familles des victimes.
Je vais me passer de tout le tralala qui accompagne ce genre de cérémonie et me contenter de vous partager ce que Boubacar Ndieng a bien voulu me raconter. Cela fait 7 ans qu’il a perdu son épouse dans cet accident. Il est jeune, il parle calmement, mais je peux percevoir à travers ses propos et sa voix, la douleur qui habite toujours son cœur et les nombreuses questions restées sans réponses, depuis.
« Je n’arrive toujours pas à m’expliquer ce qui s’est passé. J’ai toujours soif de vérité. Je me dis juste qu’il y a eu des négligences et un manque de secours. J’ai pourtant lu des rapports relatant ce qui a pu se passer, mais je reste sur ma faim. J’ai soif de justice. Il ne suffit pas d’indemniser les gens pour leur dire après que c’est fini. Il y a certes l’indemnisation, mais il faut en plus la prise en charge des personnes. Or dans ce qui a été fait, cette prise en charge est nulle. Il y a des orphelins qui attendent toujours cette prise en charge. La justice de notre pays ne veut ouvrir aucun dossier, ni châtier les coupables. C’est ainsi que s’il le faut, nous allons recourir à une justice internationale. Si notre pays nous refuse la justice, on sera obligés d’accueillir ceux qui peuvent nous offrir une justice en dehors du Sénégal.
On nous a fait signer des papiers qui attestaient que si on acceptait l’indemnisation, il nous fallait renoncer aux poursuites contre l’Etat sénégalais. Lui à son tour se chargerait de poursuivre les coupables. Mais depuis, rien ne s’est fait ».

Vue de l'assemblée
09.24.09
Roger de Diesbach : j’ai perdu un Ami
Roger de Diesbach, grand journaliste, réputé pour sa plume sans concessions, mais toujours ajustée à chaque situation nous a quitté. Je voudrais ici lui rendre hommage et témoigner aux siens ma reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour le journalisme et pour moi particulièrement.
Au moment où j’écris ces mots, je me demande si je vais être capable de traduire ce que j’ai retenu de cet homme. Ma douleur est tellement grande de ne pas pouvoir être à Fribourg maintenant pour lui rendre un vibrant hommage et dire à toute sa famille mon attachement.
Roger est un homme d’exception. Tous ceux qui l’ont approché savent qu’il avait le chic d’être très paternaliste. J’ai eu la joie de l’entendre souvent m’appeler « ma fille ». Ce qui ne pouvait que me flatter, tant j’ai été accueillie dans leur maison, comme si je me trouvais dans celle de mes propres parents. Roger aimait la vie et savait faire la fête, en buvant un bon vin.
Un autre cadeau que Roger m’a fait est celui de me partager sa passion pour le journalisme. Il m’a accordé la chance de passer mon premier stage de journalisme dans un « temple » « La Liberté » de Fribourg. Le dire peut être considéré comme une faveur qui m’était réservée. Non, dans ce journal plusieurs étudiants ont eu leur chance et c’est la politique de la maison.
Grâce à sa générosité, sa simplicité, son ouverture, mais aussi sa rigueur et sa capacité à être exigeant, il m’a communiqué les règles de ce métier. Il me disait souvent « en plus du professionnalisme, il faut de la chance pour faire du journalisme ». La chance de tomber sur ce qui est opportun, la cerise sur le gâteau de l’information, quoi.
Roger détenait le secret pour se mettre au même diapason que ses interlocuteurs. Dans la demeure où il vivait avec sa femme et ses enfants, j’ai vu passer des personnes aussi différentes que cela traduisait bien la grandeur de son cœur et un profond respect pour l’humain, quel qu’il soit.
Je voudrais ici partager cette interview qu’il m’a accordée pour le compte du Magazine congolais « Avant Garde » (voir la rubrique « Portrait »). Je tremblais à l’idée de devoir faire cet exercice devant un grand journaliste et de ce fait, étaler toutes mes lacunes. Mais j’ai passé mon examen avec brio et je me vante de n’avoir pas perdu trop de plumes. Ce fut en définitive, une fierté d’avoir obtenu un entretien où il s’adresse à ses confrères d’Afrique, un Continent qu’il connaît et où il a de nombreux amis.
Roger, tu es parti, mais tu resteras vivant dans ma mémoire et à travers mon engagement en tant que journaliste, aujourd’hui, dans mon pays. Merci !!!
« Informer sur l’Afrique comme on informe ici »
Roger de Diesbach vient de publier aux éditions Slatkine (Genève) un ouvrage intitulé « Presse futile, presse inutile. Plaidoyer pour le journalisme ». Ce célèbre journaliste suisse s’est toujours fait remarquer grâce à son goût particulier pour un journalisme de qualité. Il a travaillé pour l’Agence Télégraphique suisse (ATS), La tribune de Genève, Le Journal de Genève, Gazette de Lausanne. Dans la foulée, il a crée le Bureau de Recherche et (BRRI) et conduit comme Rédacteur en chef La Liberté de Fribourg. Depuis 2007, il est journaliste indépendant.
Attaché à des valeurs, R. De Diesbach prône un journalisme qui cherche la vérité et s’en prend au journalisme facile et aux éditeurs qui servent au public de la futilité pour mieux se vendre.
Ce livre est la preuve de son expérience (35 ans) dans le journalisme de recherche et de ses nombreuses rencontres à travers le monde. Il y fait aussi revisiter la Suisse dans son rôle humanitaire à travers le monde, l’Afrique et une Suisse qui défend des intérêts économiques peu avouables.
Qu’est-ce qui est à votre avis inutile et futile pour la presse, le journalisme en général ?
Ce qui n’est pas d’intérêt général, genre les fesses de la Comtesse. Qu’il y ait des sourires c’est bien. Mais si la presse n’est constituée que de futilité, cela ne sert à rien. Parce qu’il y a eu une grande crise financière dans les journaux et qu’une partie des éditeurs oublient leur mission d’information pour amuser et distraire. Au lieu de s’adresser à l’intelligence et de chercher la vérité ils s’adressent à l’émotion par des gadgets. On a souvent une presse de larmes et de sexe qui ne rempli plus son rôle.
Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre en terme de plaidoyer pour le journalisme ?
Pour différentes raisons :
- pour les jeunes journalistes qui devraient apprendre à dire non pour sauvegarder leur propre crédibilité
- Pour défendre le journalisme de recherche, d’investigation qui est pour moi un pléonasme.
- pour raconter cette Suisse très inconnue sur le plan international et qui a la fâcheuse tendance d’avoir un bras gauche qui sert ses intérêts avec cynisme alors que le bras droit se complait dans l’humanitaire
- Pour dire aux éditeurs qui dérapent vers la futilité qu’ils sont en train de brûler leur nid.
L’Afrique est un continent que vous connaissez et on le constate dans votre livre. Vous parlez de la RDC, du Rwanda, du Tchad, du Sénégal et d’autres pays encore. Comment ressentez-vous la place qui est réservée à l’Afrique dans les médias, la presse suisse en particulier ?
Je pense que ne pas consacrer à l’Afrique la place qu’elle mérite dans l’actualité, le fait de n’avoir pas couvert comme il ne le fallait les massacres épouvantables de la RDCongo a été un manque. Je pense que nous sommes victimes de l’éloignement et de notre propre peur. Pour le reste il faut informer sur l’Afrique comme on informe ici. Si je me méfie du journalisme ring de boxe qui présente le bon d’un côté et le méchant de l’autre, je me méfie tout autant d’un journalisme humanitaire qui voudrait peindre l’Afrique en rose.
Et le journalisme tel qu’il est exercé en Afrique comment le sentez-vous ?
Je le sens extrêmement difficile et variable d’un pays à l’autre. Mais je rends hommage à tous ces journalistes même les plus modestes qui sont obligés de travailler avec des moyens financiers et techniques lamentables.
Que pourraient apporter le journalisme et les journalistes à l’Afrique aujourd’hui ?
Il y a un vrai problème financier dans la plupart des pays africains, qu’il n’appartient pas aux états de régler, mais aux citoyens qui devraient comprendre que seule la presse pourrait leur apporter une certaine transparence si nécessaire à la lutte contre la corruption. ça veut pour l’Occident aussi. Je suis convaincu que c’est par la formation qu’on arrivera à faire avancer les pays d’Afrique et notamment la presse, donc la démocratie. Car il est évident que la vie est difficile pour les médias dans des régions où seule une minorité des lecteurs est capable de lire et de comprendre. C’est pour cela que je vois en Afrique une grande chance pour des radios locales indépendantes et responsables.
Vous prônez un journalisme basé sur la recherche de l’info, sur l’art d’informer tout court or aujourd’hui tout doit se faire vite et à moindre coût si possible. Si on ajoute le cas de l’Afrique, l’info doit se donner pourvu que le journaliste soit en bon terme avec le pouvoir en place et trouve de quoi se nourrir. Si vous êtes fondateur d’une école de journalisme, sur quoi insisterez-vous pour former de bons journalistes ?
Je leur dirai que les journalistes sont inutiles s’ils se contentent d’être des mégaphones des pouvoirs politiques et économiques. Que leur seule force réelle et légitime est celle du témoignage et de la recherche de la vérité.
Beaucoup prédisent la mort du journalisme à cause d’Internet des différents sites et blogs, ce qui permet à tout le monde d’écrire et de commenter des infos. Pensez-vous qu’Internet va tuer le vrai journalisme ?
Internet est passionnant mais offre une information souvent manipulée, non triée et non vérifiée donc très dangereuse. L’info sur Internet a autant besoin des journalistes professionnels que l’info dans les autres médias. C’est justement le rêve périlleux de certains éditeurs de croire qu’ils pourront informer sans journalistes, ce qui ouvre la porte à tous les dérapages.
Qu’est-ce qui durant ces longues années a fait que vous continuez à aimer le journalisme ? Où trouvez-vous le plaisir de continuer ?
Je suis toujours enthousiaste par rapport à un métier qui fait des journalistes les agents de transparence de leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Si je suis plus critique c’est par rapport à une presse qui abandonnerait son travail et ses critères éthiques pour de l’argent.
Que pouvez-vous dire aux jeunes journalistes pour qu’au-delà des exigences du métier, ils trouvent toujours du plaisir à l’exercer ?
Il faut que les jeunes journalistes soient convaincus qu’ils tiennent en main le pouvoir de faire changer les choses. Je ne parle pas de leur propre pouvoir, mais du pouvoir d’établir la vérité qui elle seule permet parfois de faire avancer les choses.
08.27.09
Tous écolos !
De nos jours, pour faire bien, il faut afficher son attachement à l’écologie. Nous essayons tous de montrer à nos semblables que par des engagements aussi petits soient-ils, nous faisons attention à notre environnement. Gare donc à celui qui ne fait aucun effort, il portera la responsabilité d’asphyxier notre planète mère : la terre.
Il y a quelques jours, je suis arrivée à Dakar et comme il arrive souvent aux voyageurs distraits d’oublier des choses utiles, j’ai dû vite courir m’acheter ce qui me manquait et commençait à me poser un vrai problème.
Je suis allée dans une station service et là, j’ai eu la joie de voir mes achats finir dans un sac en papier, pas en plastique, comme on en voit encore dans certaines villes africaines qui ne veulent pas s’adapter aux nouvelles donnes environnementales. Pour ne plus se retrouver avec des sacs en plastique qui vont finir dans nos décharges à ciel ouvert pour une durée de vie interminable et donner l’image d’une ville crasseuse, certains commencent à faire des efforts. C’est le cas de ce vendeur de carburant dont je dois louer l’initiative.
Cependant, lorsque j’ai pris le sac et que j’ai lu ce que vous lisez aussi sur ces photos, j’ai ri jaune. Comment m’expliquer que pour deux petits sacs en papiers, je vais lui accorder la palme du respect de notre environnement, alors que je connais sa principale activité partout dans le monde ?
Comme quoi, n’est pas écolo qui le veut et il ne suffit pas non plus de quelque slogan sur un sac à provisions pour le devenir.







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