24 septembre 2009
Roger de Diesbach : j’ai perdu un Ami
Roger de Diesbach, grand journaliste, réputé pour sa plume sans concessions, mais toujours ajustée à chaque situation nous a quitté. Je voudrais ici lui rendre hommage et témoigner aux siens ma reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour le journalisme et pour moi particulièrement.
Au moment où j’écris ces mots, je me demande si je vais être capable de traduire ce que j’ai retenu de cet homme. Ma douleur est tellement grande de ne pas pouvoir être à Fribourg maintenant pour lui rendre un vibrant hommage et dire à toute sa famille mon attachement.
Roger est un homme d’exception. Tous ceux qui l’ont approché savent qu’il avait le chic d’être très paternaliste. J’ai eu la joie de l’entendre souvent m’appeler “ma fille”. Ce qui ne pouvait que me flatter, tant j’ai été accueillie dans leur maison, comme si je me trouvais dans celle de mes propres parents. Roger aimait la vie et savait faire la fête, en buvant un bon vin.
Un autre cadeau que Roger m’a fait est celui de me partager sa passion pour le journalisme. Il m’a accordé la chance de passer mon premier stage de journalisme dans un “temple” « La Liberté » de Fribourg. Le dire peut être considéré comme une faveur qui m’était réservée. Non, dans ce journal plusieurs étudiants ont eu leur chance et c’est la politique de la maison.
Grâce à sa générosité, sa simplicité, son ouverture, mais aussi sa rigueur et sa capacité à être exigeant, il m’a communiqué les règles de ce métier. Il me disait souvent “en plus du professionnalisme, il faut de la chance pour faire du journalisme”. La chance de tomber sur ce qui est opportun, la cerise sur le gâteau de l’information, quoi.
Roger détenait le secret pour se mettre au même diapason que ses interlocuteurs. Dans la demeure où il vivait avec sa femme et ses enfants, j’ai vu passer des personnes aussi différentes que cela traduisait bien la grandeur de son cœur et un profond respect pour l’humain, quel qu’il soit.
Je voudrais ici partager cette interview qu’il m’a accordée pour le compte du Magazine congolais « Avant Garde » (voir la rubrique “Portrait”). Je tremblais à l’idée de devoir faire cet exercice devant un grand journaliste et de ce fait, étaler toutes mes lacunes. Mais j’ai passé mon examen avec brio et je me vante de n’avoir pas perdu trop de plumes. Ce fut en définitive, une fierté d’avoir obtenu un entretien où il s’adresse à ses confrères d’Afrique, un Continent qu’il connaît et où il a de nombreux amis.
Roger, tu es parti, mais tu resteras vivant dans ma mémoire et à travers mon engagement en tant que journaliste, aujourd’hui, dans mon pays. Merci !!!
« Informer sur l’Afrique comme on informe ici »
Roger de Diesbach vient de publier aux éditions Slatkine (Genève) un ouvrage intitulé « Presse futile, presse inutile. Plaidoyer pour le journalisme ». Ce célèbre journaliste suisse s’est toujours fait remarquer grâce à son goût particulier pour un journalisme de qualité. Il a travaillé pour l’Agence Télégraphique suisse (ATS), La tribune de Genève, Le Journal de Genève, Gazette de Lausanne. Dans la foulée, il a crée le Bureau de Recherche et (BRRI) et conduit comme Rédacteur en chef La Liberté de Fribourg. Depuis 2007, il est journaliste indépendant.
Attaché à des valeurs, R. De Diesbach prône un journalisme qui cherche la vérité et s’en prend au journalisme facile et aux éditeurs qui servent au public de la futilité pour mieux se vendre.
Ce livre est la preuve de son expérience (35 ans) dans le journalisme de recherche et de ses nombreuses rencontres à travers le monde. Il y fait aussi revisiter la Suisse dans son rôle humanitaire à travers le monde, l’Afrique et une Suisse qui défend des intérêts économiques peu avouables.
Qu’est-ce qui est à votre avis inutile et futile pour la presse, le journalisme en général ?
Ce qui n’est pas d’intérêt général, genre les fesses de la Comtesse. Qu’il y ait des sourires c’est bien. Mais si la presse n’est constituée que de futilité, cela ne sert à rien. Parce qu’il y a eu une grande crise financière dans les journaux et qu’une partie des éditeurs oublient leur mission d’information pour amuser et distraire. Au lieu de s’adresser à l’intelligence et de chercher la vérité ils s’adressent à l’émotion par des gadgets. On a souvent une presse de larmes et de sexe qui ne rempli plus son rôle.
Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre en terme de plaidoyer pour le journalisme ?
Pour différentes raisons :
- pour les jeunes journalistes qui devraient apprendre à dire non pour sauvegarder leur propre crédibilité
- Pour défendre le journalisme de recherche, d’investigation qui est pour moi un pléonasme.
- pour raconter cette Suisse très inconnue sur le plan international et qui a la fâcheuse tendance d’avoir un bras gauche qui sert ses intérêts avec cynisme alors que le bras droit se complait dans l’humanitaire
- Pour dire aux éditeurs qui dérapent vers la futilité qu’ils sont en train de brûler leur nid.
L’Afrique est un continent que vous connaissez et on le constate dans votre livre. Vous parlez de la RDC, du Rwanda, du Tchad, du Sénégal et d’autres pays encore. Comment ressentez-vous la place qui est réservée à l’Afrique dans les médias, la presse suisse en particulier ?
Je pense que ne pas consacrer à l’Afrique la place qu’elle mérite dans l’actualité, le fait de n’avoir pas couvert comme il ne le fallait les massacres épouvantables de la RDCongo a été un manque. Je pense que nous sommes victimes de l’éloignement et de notre propre peur. Pour le reste il faut informer sur l’Afrique comme on informe ici. Si je me méfie du journalisme ring de boxe qui présente le bon d’un côté et le méchant de l’autre, je me méfie tout autant d’un journalisme humanitaire qui voudrait peindre l’Afrique en rose.
Et le journalisme tel qu’il est exercé en Afrique comment le sentez-vous ?
Je le sens extrêmement difficile et variable d’un pays à l’autre. Mais je rends hommage à tous ces journalistes même les plus modestes qui sont obligés de travailler avec des moyens financiers et techniques lamentables.
Que pourraient apporter le journalisme et les journalistes à l’Afrique aujourd’hui ?
Il y a un vrai problème financier dans la plupart des pays africains, qu’il n’appartient pas aux états de régler, mais aux citoyens qui devraient comprendre que seule la presse pourrait leur apporter une certaine transparence si nécessaire à la lutte contre la corruption. ça veut pour l’Occident aussi. Je suis convaincu que c’est par la formation qu’on arrivera à faire avancer les pays d’Afrique et notamment la presse, donc la démocratie. Car il est évident que la vie est difficile pour les médias dans des régions où seule une minorité des lecteurs est capable de lire et de comprendre. C’est pour cela que je vois en Afrique une grande chance pour des radios locales indépendantes et responsables.
Vous prônez un journalisme basé sur la recherche de l’info, sur l’art d’informer tout court or aujourd’hui tout doit se faire vite et à moindre coût si possible. Si on ajoute le cas de l’Afrique, l’info doit se donner pourvu que le journaliste soit en bon terme avec le pouvoir en place et trouve de quoi se nourrir. Si vous êtes fondateur d’une école de journalisme, sur quoi insisterez-vous pour former de bons journalistes ?
Je leur dirai que les journalistes sont inutiles s’ils se contentent d’être des mégaphones des pouvoirs politiques et économiques. Que leur seule force réelle et légitime est celle du témoignage et de la recherche de la vérité.
Beaucoup prédisent la mort du journalisme à cause d’Internet des différents sites et blogs, ce qui permet à tout le monde d’écrire et de commenter des infos. Pensez-vous qu’Internet va tuer le vrai journalisme ?
Internet est passionnant mais offre une information souvent manipulée, non triée et non vérifiée donc très dangereuse. L’info sur Internet a autant besoin des journalistes professionnels que l’info dans les autres médias. C’est justement le rêve périlleux de certains éditeurs de croire qu’ils pourront informer sans journalistes, ce qui ouvre la porte à tous les dérapages.
Qu’est-ce qui durant ces longues années a fait que vous continuez à aimer le journalisme ? Où trouvez-vous le plaisir de continuer ?
Je suis toujours enthousiaste par rapport à un métier qui fait des journalistes les agents de transparence de leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Si je suis plus critique c’est par rapport à une presse qui abandonnerait son travail et ses critères éthiques pour de l’argent.
Que pouvez-vous dire aux jeunes journalistes pour qu’au-delà des exigences du métier, ils trouvent toujours du plaisir à l’exercer ?
Il faut que les jeunes journalistes soient convaincus qu’ils tiennent en main le pouvoir de faire changer les choses. Je ne parle pas de leur propre pouvoir, mais du pouvoir d’établir la vérité qui elle seule permet parfois de faire avancer les choses.
25 mai 2009
Nouvel espace (flambant neuf)
Comme promis, mon blog a changé d’adresse, mais pas de contenu. Avec beaucoup de tenacité, j’ai pu transférer tout le contenu ici. Bien sûr, j’ai perdu tous les commentaires d’avant. Mais comme je sais que vous viendrez de temps en temps visiter cet espace qui est aussi le vôtre, je souhaite que vous soyez nombreux à venir laisser vos commentaires.
Déjà, pour commencer, vous pouvez dire ce que vous pensez de cet ancien-nouveau blog en laissant vos commentaire.
Bienvenue à tous !!!
21 mai 2009
Juste une pause remplie
Cela fait des jours que je n’ai pas renouvelé les pages sur mon blog. Je vous prie de bien vouloir m’en excuser. En fait c’est une pause pour vous proposer un espace plus intéressant. En tout cas je le souhaite.
Je suis en train de migrer vers la plateforme WordPress et cela demande de tout réorganiser.
Je serai de retour bientôt et j’espère que ce temps que j’ai pris sera utilisé comme il faut et que je continuerai à bénéficier de vos visites désormais ici.
A bientôt !!!

![travaux[1] travaux[1]](http://nmheclosions.files.wordpress.com/2009/05/travaux1.jpg?w=300&h=127)