22 mars 2017

Un bassin d’eau…

Posted in Fourre tout à 16:45 par nmheclosions

Le manque d’eau dans nos robinets est devenu une chose tout a fait normale dans les ménages congolais. En parler aujourd’hui à l’occasion de la journé mondiale de l’eau est une manière de résister au fait de s’habituer à cette réalité scandaleuse.

Robinet

 Nous sommes le 22 mars 2017 et nous célébrons la journée mondiale de l’eau qui a pour thème cette année une question : Pourquoi gaspiller l’eau ? Ne pouvant répondre à cette question, puisque chez moi ici au Congo la question n’est pas vraiment le gaspillage, même si je sais que ceux qui ont l’eau la gaspillent quand même ; je vais plutôt parler de la rareté de l’eau et du scandale que cela représente.

Mon pays a beaucoup d’eau, mon pays regorde d’un grand bassin que le monde entier lorgne en ce moment. On vient même encore de nous le rappeler, comme si on nous narguait. Nous vivons sur un bassin bleu. Alors, ma question est de savoir pourquoi l’eau manque-t-elle ? Comment pouvons-nous expliquer que le monde entier se tourne vers nous pour nous dire que nous avons une réserve d’eau énorme et chaque jour, nos yeux se lèvent vers le ciel pour implorer celui-ci de nous rejeter quelques goûttes de pluies ?

Ah, cette nuit, une fine pluie est tombée sur Pointe-Noire, la capitale économique. Nous sommes sortis avec nos récipents pour récolter un peu d’eau. Mais voilà que ceux qui passent leur temps à scruter les choses nous disent que l’eau de pluie est impropre à la consommation. Mon Dieu, que faire ?

Les sales bidons jaunes marchent dans les rues de nos villes et villages à la recherche de l’eau. On les porte aussi dans les véhicules, sur le dos des femmes et d’enfants, sur les koro-koro, les pousses-pousses, les diakarta. Toutes nos journées sont rythmées des chants de gosiers assoiffés. Nos maisons sentent mauvais à cause des sanitaires qu’on ne peut nettoyer convenablement, malgré la modernité qui est entrée dans nos parcelles. La chaleur que procure notre beau et généreux soleil devient un supplice, on a peur de rentrer à la maison le soir et de ne pouvoir se laver avant de monter dans le lit.

Notre société nationale de distribution d’eau ne l’est plus que de nom. La réputation l’ayant quittée depuis des lustres. On peut encore lire sur les murs de ses agences « L’eau c’est la vie ». Alors si l’eau est la vie, puisque tu ne peux plus nous donner la vie, que nous donnes-tu ? Pourtant, elle est l’une des société nationale les plus rentables. Les salaires sont payés, les agences sont construites, les cadres reçoivent de nouveaux véhicules qui font la parade lors des défilés populaires. Tout cela, grâce à l’argent des consommateurs qui ne consomment pas grand chose, sinon rien, mais qui peyent des factures.

La dernière goûtte d’eau est sortie du robinet de chez moi, il y a longtemps. Depuis un an, je sors toutes les nuits pour attendre que le sifflement habituel se remette en route pour annoncer l’arrivée de l’eau. Il est 2h du matin, je suis dehors, j’attends et rien n’arrive. Demain, je sortirai encore, ce sera la bonne nuit et l’eau sera là, j’espère bien. Ici, l’adage dit vrai « l’espoir fait vivre ». C’est même notre crédo;

Les amis, à défaut de savoir pourquoi gaspiller l’eau ? Nous allons demander à notre société nationale pourquoi elle continue à porter le DE comme distribution d’eau ? Et pourquoi elle ne fait plus son travail qui consiste à distribuer l’eau dans les ménages des congolais ?

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7 mars 2017

Etre femme, ce n’est pas une fête !

Posted in Fourre tout à 13:53 par nmheclosions

Il est souvent courant d’entendre les gens souhaiter une bonne fête aux femmes le 8 mars, pourtant on ne fête pas lorsqu’on a des droits à revendiquer. La vie des femmes reste un sujet de discorde dans nos sociétés parce que certains disent que les femmes en font trop et qu’il n’y aurait rien à en faire tout un plat. D’autres par contre pensent que les femmes doivent quand même recevoir un traitement plus humain. Femme, je veux vivre pour moi.

Le 8 mars n’est pas une journée de fête. Alors, je vous prie de ne pas me souhaiter une bonne fête. Ne m’offrez pas de fleur non plus. Un jour j’espère avoir des fleurs pour fêter mes victoires de femme. Souhaitez-moi une bonne journée des femmes pour que j’arrive à dire ce qui ne va pas encore bien, ce que je souhaite voir se vivre autrement.

Le vivre femme est encore une réalité qui devrait gêner les hommes et les femmes du 21è siècle. Nous vivons encore dans nos sociétés en ayant une conception des femmes pas loin de celle des humains des siècles passés et lointains. Cela ne concerne pas seulement des continents qu’on dirait moins développés.

Pourtant, je vais ici parler du vivre femmes au Congo qui est le pays que je connais le mieux. Ici les femmes passent leurs jours à travailler comme des malades, pour nourrir des enfants, parents âgés, époux retraité ou sans emploi. Il s’agit ici des travaux qui ne sont pas valorisés, reconnus et souvent ne payent pas gros. Alors ainsi, de nombreuses femmes vivent dans l’ombre des hommes qui portent le titre de chef de famille qu’ils n’execent pas. Et ils ont le culot de reprocher à la femme battante, son agressivité, son humeur changeant, son courage qui leur fait de l’ombre. Ils lui reprochent de ne pas être assez féminine à force de ressembler aux hommes.

Notre société adule, aime, vénère, entretien des postures de femmes soumises, des femmes qui ressemblent à la mère perdue (on est devenue adulte) qu’on souhaite retrouver dans son foyer et dans son lit. Non, les femmes ne changent pas. Elles restent ce qu’elles sont, des humains comme tous les autres. Avec leurs défauts et leurs qualités. Ce qui change, c’est le regard que certains ont sur elles.

Les femmes d’ici passent leur temps à chercher comment elles doivent être parfaites pour plaire à leur entourage (époux, belle-mère, pasteur, grend-frère, beau frère, mère, père…). Les femmes ont souvent une vie par procuration dans ma société. Voilà ce que je souhaite qui change. Je rêve de femmes capables de vivre pour elles. Je vis pour être une femme qui sait ce qu’elle veut, même si ce n’est pas toujours facile ou possible de le réaliser.

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Je rêve tout simplement de vivre dans une société qui fiche la paix aux femmes et les considère comme des adultes. Des responsables et cheffes de famille. Des humains à part entière.

 

25 novembre 2015

Stop… violences contre les femmes

Posted in Mise à jour à 08:30 par nmheclosions

Ce 25 novembre 2015, Journée Internationale contre les violences (physiques, sexuelles, psychologiques) faites aux femmes. La France a désormais un numéro d’appel gratuit que les femme peuvent composer en cas de violence, le 3919.

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Source wwwfemmes.gouv.fr

Chez moi au Congo et en Afrique, rien de tel encore. On vous dira que c’est parce qu’il y a des problématiques plus cruciales comme la pauvreté, le paludisme, le sida, le manque d’électricité et d’eau potable…

Or voilà que les chiffres des violences que subissent les femmes dans le monde son dramatiques. Jusqu’à 70% de femmes vont subir des violences de tout genre dans leur vie. Une femme sur 3 victime de violence physique. Une femme sur 2 va mourir après des violences physiques infligées par le conjoint contre 1 homme sur 20 femmes. 133 millions de femmes dans le monde ont subi une mutilation génitale féminine. 700 millions de filles mariées avant l’âge de 18 ans dans le monde. 2,6 milliards de femmes vivent dans des pays n’ayant pas explicitement criminalisé le viol (source http://www.unwomen.org)

Doit-on attendre que cette question devenue un vrai enjeu de santé publique s’aggrave encore plus pour qu’elle retienne notre attention ?

A force de banaliser cette situation dramatique, à force de trouver normal qu’un homme batte son épouse, il se joue à côté de nous des drames qui conduisent parfois et même souvent à la mort.

Combien de fois n’est-je pas entendu dans mon environnement cette question « donc, tu veux dire que ton époux n’a jamais porté la main sur toi ?  » ou encore des affirmations du genre : « C’est normal que de temps en temps un couple se bagarre ». « Il y a des femmes qui aiment qu’on les batte, elles en redemandent, ça leur donne l’impression d’être désirées. Juste après, elles se portent mieux et vous aime encore plus ». « C’est bien sa faute si elle a été violée, tu as vu comment elle s’habille ? ». « Elle n’avait qu’à pas aller chez tel garçon. Elle voulait se faire violer ».

Dites-moi, qui dans ce monde adore recevoir les coups ? Qui dans ce monde demande de se faire appliquer un oeil au beurre noir ? Qui dans ce monde fut-elle une femme, souhaite voir ses dents se décoller des gencives ou perdre sa vie et éprouver du plaisir. Quelle fille demande à se faire violer ? Et si c’était le cas ? Devant une telle situation, ne doit-on pas conclure qu’une personne qui demanderait de vivre de telles atrocités ,  a un problème psychologique ? Et donc a besoin d’être aidée ?

 

3 novembre 2015

La paix, ce chiffon tant agité

Posted in Mise à jour tagged , , à 12:07 par nmheclosions

Un chiffon, voilà à quoi ressemble la paix dont nous parlent actuellement, dans de nombreux pays africains, notamment au Congo, tous ceux qui refusent le dialogue.

Source Wikipedia

A force de brandir la paix comme un trophée que certains ont reçu de on ne sait qui, ce mot est devenu un chiffon qui n’a plus de substance. On peut se demander ce que cela veut dire la paix pour un pays ? Y a-t-il des gens qui auraient le monopole d’incarner la paix en eux plus que d’autres ? En vertu de quoi ?

La paix serait-elle le fait de ne pas avoir de conflits ? Y a-t-il un seul endroit au monde, dans lequel vivent des humains qui peut se targuer de porter le flambeau de la paix, donc de ne pas avoir des points de conflits ?

Arrêtons un peu de tromper notre monde. Il n’est pas dit que lorsque les populations s’insurgent contre un fait, donc, elles veulent entrer en guerre. Un peuple qui est libre et qui vit doit être capable, de temps en temps et même souvent, de revoir son mode de fonctionnement et d’y apporter des corrections. Cependant, cela ne se passe toujours pas dans l’entente totale. Il peut y avoir des divergences d’opinions (c’est normal, nous sommes différents et avons des intérêts divergents, avoués ou non) sans que cela soit un drame. Ces divergences peuvent même aboutir à des luttes féroces avec mort d’humains. Ce qui compte c’est d’en tirer les leçons et de prendre des chemins différents, car édifiés par les erreurs du passé. Voyez vous-même par où sont passés les peuples dont nous vantons les valeurs démocratiques aujourd’hui.

La paix est menacée justement lorsque l’on refuse le dialogue. Car les humains où qu’ils soient, n’aiment pas qu’on leur impose une seule manière de voir le monde dans lequel ils vivent. Celui qui menace la paix n’est pas celui qui interpelle lorsque la facilité du point de vue unique commence à prendre le dessus. Celui qui menace la paix est celui qui refuse d’écouter d’autres sons de cloche et qui commence à étouffer toutes les voix discordantes. C’est lui l’ennemi de la paix. Ce n’est pas à force de crier paix, paix que la paix est acquise. C’est à force de crier et de croire dialogue que la paix sera installée.

N’oublions pas que Nous n’avons pas besoin des gens qui brandissent ce chiffon pour (nous) faire taire et faire peur. Nous avons besoin d’exprimer nos divergences, car d’elles sortiront une société que nous aurons bâtie avec nos forces (et nos faiblesses). Les forces (et faiblesses) de tous.

14 octobre 2015

Lorsque les fous vident nos poubelles…

Posted in Couleurs urbaines à 14:20 par nmheclosions

Ce matin, alors que je me rendais à un rendez-vous professionnel, je me suis introduite dans la grande cité ponténégrine. C’est bientôt les premières pluies et la ville est tellement sale. La ville est trouée de toute part avec ici des canalisations en construction, des rigoles pour faire passer tel câble de téléphone, fibre optique (???) personne ne sait de quoi il s’agit, puisqu’ici c’est un luxe que d’informer la population.

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Je m’engouffre dans la grande cité et je tombe sur une image qui m’intrigue et me fait réfléchir. Un fou, que je connais depuis longtemps, mais je ne sais pas pourquoi cette fois, cette image réelle me saisie. Il s’appelle Nkoyi-Nkoyi, tout le monde le connait dans le secteur, comme on dit ici. Il fait partie du décor. Je le vois tout sale, comme un fou, quoi. Il porte les ordures du quartier. C’est lui l’éboueur du quartier. A son rythme, il arpente les rues, moyennant un petit pécule, il prend dans son sac les ordures des habitants du quartier. Chose curieuse, il ne les abandonne jamais. Il les porte au même endroit tous les jours et reviens dans las habitations et repart vers sa décharge. Ce rite, Nkoyi-Nkoyi l’exécute tous les jours.

Je me suis dit ce matin, c’est curieux de voir un fou vider nos poubelles. Peut-être que nous sommes plus sales que lui et qu’il en a marre de voir autant de saleté qu’il décide de nous en débarrasser. Nous le payons pour nous débarrasser de nos ordures qui risquaient de devenir d’énormes montagnes dans nos maisons. Qui est (sont) malade(s) de folie dans ce cas ? Lui ? Nous ?

Je me suis posée cette petite question ce matin.

26 septembre 2015

U’loth : la fascination d’un jeune sapeur

Posted in Mon théâtre tagged , , , à 11:04 par nmheclosions

On nous dit au Congo que ce mouvement populaire appelé la sape est devenu identitaire et ferait partie de la manière d’être congolais. Je ne partage pas cet avis et cela n’engage que moi. J’assume le fait de ne pas penser comme tout le monde. Néanmoins je suis convaincue que ce phénomène, devenu populaire et accepté par beaucoup pourrait nous apporter une « richesse ». Je trouve dommage de ne pas profiter d’une telle opportunité pour aller plus loin, devenir plus congolais, je voudrais dire simplement plus humain et fier.

1ère de couverture

1ère de couverture

C’est ainsi que je viens de publier en ce mois de septembre 2015 « Moi aussi, je parlerai dans un film » aux Editions Langlois Cécile , une ode à cette volonté de changer son quotidien en partant des petites choses et des rencontres fortuites (provoquées) …

4ème de couverture

4ème de couverture

30 avril 2015

Cheveux crépus

Posted in Fourre tout à 10:10 par nmheclosions

« Cheveux crépus » c’est le nom d’un groupe de musiciens congolais réunis en Europe il y a plusieurs années. Ils vivent aujourd’hui au Congo et ils ont plus de 60 ans; Là s’arrête le lien avec la suite. En fait, un jour j’ai pris les ciseaux et coupé les repousses qui débordaient de mes cheveux, les restes des cheveux défrisés. Ce fut comme une révolte à ne plus m’empoisonner. Comme j’avais une grande cérémonie le lendemain, je suis entrée dans un salon de coiffure et j’ai demandé à me faire faire une belle coiffure de soirée. Et là, toute la salle s’est retournée pour voir ma tête. Une coiffeuse me demande si je veux d’abord démêler mes cheveux, je lui dis non. Je veux une coiffure avec mes cheveux sans autre traitement pour les lisser. Et là, j’ai vu dans les yeux la surprise, la déception et le désarroi de la coiffeuse. elle a fini par me dire qu’elle ne pouvait rien faire de beau avec mes cheveux.

Je suis sortie de là en riant. Au lieu de m’énerver, j’ai ri de moi et d’elles parce que je me suis demandée comment durant toutes ces années je ne me suis pas sentie ridicule ? Comment avons-nous pu intégrer et admettre qu’il est plus facile de coiffer les cheveux qui nous sont étranges que de coiffer nos cheveux naturels ? Bref, le faux est plus facile à manier que le vrai. Le faux serait plus beau que le vrai (?).

9 janvier 2015

Je suis Charlie

Posted in Fourre tout à 09:22 par nmheclosions

JE SUIS CHARLIE

6 novembre 2014

En mode thérapie

Posted in Mes publications à 15:37 par nmheclosions

Me voilà revenue à mes premiers amours avec ma première pièce de théâtre publiée chez Edilivre. Je vous invite tous à commander ce texte pour le lire, le jouer et l’emporter sur de nombreuses scènes à travers le monde. C’est le meilleur cadeau que vous pourrez me faire en cette fin d’année.

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Je vous offre un petit extrait comme mise en bouche. Merci à vous.

13 décembre 2013

60 ans de la littérature congolaise

Posted in Mon roman à 11:52 par nmheclosions

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Du 12-14 décembre 2013, l’Institut Français de Pointe-Noire organise une série d’événements (conférences, mini salon du livre, table-rondes, concours) pour célébrer les 60 ans de la littérature congolaise. J’y participe avec l’exposition, vente, dédicace des mes livres le vendredi 13 décembre 2013 et la table-ronde à 20H00 (IFC Rond point Kassaï).

Vous pouvez aussi visualiser la bande-annonce de mon dernier roman sur le site de mon éditeur.

 

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